Kupka – Autour d’un point – 1920-1930

Je rentrais du théâtre.
Il était déjà fort tard, mais l’air était doux. J’en profitai pour me promener le long des quais en repensant à ton petit carré blond, que je ne tarderais pas à retrouver.
Une querelle de matous me tira de ma rêverie et je jetai un caillou dans l’eau.
Je restai un instant fasciné à contempler les cercles qui se formaient à la surface de l’eau où se reflétait une lune indistincte et qui venaient se briser contre le quai. En dessous des ponts, j’oubliais presque le temps.
J’étais heureux.

Adeline de Wilde

Joan Miro - Baigneuse - 1924

Regarde, petite sœur, le soleil qui se couche au loin. Sa couleur magnifique se reflète sur ton visage émerveillé.
Et le soleil, il te sourit.
Quand je te vois l’observer, j’aperçois dans tes yeux l’explosion d’une couleur et cette couleur, c’est le bleu.
Il est impossible de décrire les pigments qui y règnent.
Une fois, c’est la texture du ciel et une autre, celle de l’océan.
Je suis heureuse du torrent de qualités qui règnent en toi et dans tes prunelles lorsque tu esquisses un sourire malicieux et coquin.
Mais cela réside en toi depuis des années, plus précisément depuis que tu es née.
Ces moments resteront gravés dans ma mémoire pour toujours, pour l’éternité…

Mathilde Humblet

Nicolas de Staël – Les toits – 1952

C’était le 7 mai 1952. Je me rendais à New – York avec la compagnie d’avion « Airbus », lorsque je me suis rendu compte que je survolais Washington. C’est à ce moment que j’ai regardé par le hublot et que j’ai découvert une multitude de bâtiments. Il s’agissait sûrement du « C.B.D. ». Parmi ceux – ci, j’ai remarqué un immeuble. Les murs qui le formaient étaient rouges, un rouge comme je n’en avais encore jamais vu.
Je ne peux pas écrire davantage, car l’avion avançant, j’ai perdu de vue cette magnifique et spectaculaire œuvre digne d’un des plus grands architectes.
J’espère, un jour, revoir cet immeuble qui me fait encore rêver chaque nuit, cinquante – huit ans plus tard.

Henri Magein

Sonia Delaunay – Composition – 1955

Mon Carnet de bord.

Le 10 avril 2030

Sans faire exprès, un beau jour j’ai marché sur une pierre qui sans le savoir a changé ma vie. Je me suis retrouvée dans un monde où tout d’abord j’ai vu plein de personnes en massepain, en biscuit etc. Les maisons étaient en arrondi elles ressemblaient à des gros spaghettis, elles y ressemblaient même très fort. Alors je suis allé goûter. Eh oui c’était du spaghettis. Incroyable, je n’en reviens pas de ce monde. Il n’y avait qu’une chose normale, c’était l’herbe. Une personne très gentille, m’a proposé d’allé dormir chez elle. C’était une maison en chocolat dur. Je n’avais qu’une chose en tête à ce moment-là, revoir mon monde à moi mais j’ai continué, il fallait bien que je découvre ce monde si peu normal. C’était quand même le paradis, vivre dans une maison en chocolat. Le rêve. J’avais tellement envie de le manger. Mais j’ai dû respecter, je suis abrité chez quelqu’un de si gentil.

Le 11 avril 2030

Ce jour-ci, j’avais envie de visiter. Alors je suis allée me promener. A un moment, je sentais que je m’enfonçais. Je me demandais ce qui se passait, j’ai commencé à voir toute ma vie défiler devant moi. J’ai soudain vu un homme en massepain qui criait des mots que je ne comprenais pas. Je l’ai vu partir, il allait peut-être chercher du secours, je ne savais pas. Mais j’avais quand même envie de goûter ce que c’était. C’était tellement bon, je n’arrivais pas à me rappeler de quel goût c’était. Si ! Enfin, c’est de la menthe, en plus j’adore. Je n’arrêtais pas d’en manger. Ensuite, les gens sont arrivés, j’ai tout de suite arrêté, ils n’allaient sûrement pas apprécier. Mais tous comptes faits, ils m’ont sauvé la vie. Ils m’ont emmenée dans un endroit qui était précieux pour eux, je ne savais pas du tout où ils allaient m’emmener. Quand nous sommes arrivés, je me suis rendue compte que c’était un champ de cerises. Ils ont commencé à danser autour de moi, ils ont chanté, dansé, ri. Je me sentais tellement bien, je ne voulais plus partir d’ici.

Le 12 avril 2030,

Ca y est, ils m’ont accepté dans leur vie. Nous avons fait une espèce de cérémonie. Ils m’ont accueillie. Je fais partie des leurs.
Maintenant le reste de ma vie est écrit avec eux.

Juliette Etienne

Pablo Picasso - Femme en bleu - 1944


Il était une fois, dans un pays lointain, une jeune femme dont la pureté des traits laissait coi tous les hommes qui la croisaient. Elle était si belle, si posée. Pourtant, ce n’était qu’une fille de berger qui n’avait point acquis de grand savoir et qui ne connaissait que peu de choses à la vie. Elle aimait passer ses journées dans les prés avec les moutons, se roulant dans l’herbe humide, profitant de ce que la nature lui offrait. Bien qu’elle sût que le loup bien caché aimait à regarder ses agneaux aux tendres jarrets gambader parmi les pâquerettes, elle ne s’offusquait pas. Elle n’avait pas peur de lui, même si les rumeurs à son sujet étaient nombreuses et funestes. Quand elle fut assez grande pour être autonome, elle fit sa malle et partit vers la ville, avide de découvertes. Elle apprit là-bas les sciences, les lettres et la musique. Quand elle revint, elle apporta avec elle un tourne-disque comme personne au village n’en avait vu avant. Elle fit découvrir à son père les merveilles des symphonies, des concertos et des sonates. Elle passait beaucoup de temps à écouter de la musique, cela la ravissait.

Enora Sbille

Sonia Delaunay – Prismes Electriques – 1914

Cher journal,

Aujourd’hui, le 19 septembre 1959, je suis arrivée en terre inconnue. On dirait un peu le paradis, oui le paradis, avec toutes ces couleurs autour de moi : il y a des sentiers de charbon, d’autres de feuilles,… Tout y est magnifique ! Ce matin, alors que je me promenais pour faire le tour de cette terre paradisiaque, je me suis retrouvée en face d’un grand labyrinthe, un labyrinthe extraordinaire. Moi qui suis trop curieuse, j’ai voulu y pénétrer… Ce n’est pas un labyrinthe comme on en voit chez nous. A ce que je sais, je ne crois pas qu’il existe des arbres de couleur chez nous… Ici il en existe des centaines et des centaines : des bleus, des oranges, des mauves et plein d’autres encore. Ce labyrinthe est plus que magnifique ! A la fin de ce labyrinthe coloré, devinez ce que j’ai découvert. J’ai découvert quatre champs d’or : un d’or orange, un d’or vert, un d’or jaune et un d’or blanc. Mes yeux sont illuminés. Demain, à mon réveil, j’irai faire tout le tour de ce paradis. Je vous en donnerai des nouvelles. Je pense que je vais passer une bonne nuit dans ce labyrinthe. A demain, je vous embrasse.

Victorine Leroy

Jean Le Moal - Le buisson ardent – 1975-1981.

Le mercredi 5 mai, je décidai d’aller explorer cet endroit mystérieux…

1er Jour, j’arrive dans un petit village, les gens sont un peu bizarres. Tout autour de ce village, il y a une grande forêt.

2ème Jour, je pars à la découverte de nouvelles espèces d’animaux.
Il y a des drôles de bêtes, elles me regardent, je suis effrayée et fascinée à la fois. Et étrangement, elles n’ont pas peur de moi.

3ème Jour, je retourne explorer cet endroit, il n’y a même pas de point d’eau, les plantes envahissent les chemins. La nuit tombe, les gentils animaux laissent place aux bêtes plus agressives, j’ai peur…
Il fait noir et je ne retrouve plus mon chemin.
Inconsciente, je m’endors. Je ne me réveillerai pas…

Eloïse Cassart.

Rechercher dans ce blog